28 décembre 2007
pour conclure
l'album photos.
08 novembre 2007
Une conférence de rédaction exceptionnelle consécutive à l'accumulation ingérable de sujets d'articles relatifs aux funestes conséquences de la main-mise de Monsieur Nick et de ses inféodés sur la ville rebaptisée Sarktown aboutit à la suivante commune déclaration de l'ensemble du personnel du journal, rotatives comprises:
Ya basta, comme disent les quelques Mexicains suffisamment introduits ou désespérés demeurant alentour. Ce petit homme est un grand danger.
Au-delà même des exactions et compromissions propres à la classe politique émergente dans son ensemble, il agit mieux que la variole dans un campement Indien sous une pluie de viande pourrie. Il anéantit par sa seule respiration naturelle toute les efforts d'intelligence du monde connu, de conceptualisation, d'organisation sociale construite et non subie qui distinguèrent par grand miracle notre espèce du chimpanzé fou et du chancre mou galopant.
Nous avions pris le parti d'en rire. Stoïques, cyniques, idéalistes, toutes notions nées dans le Vieux Continent dont Monsieur Nick lui-même finit par surgir -il faut toujours s'attendre au pire- nous avons apprécié, in parte, cette forme de quintescence de la médiocrité régnante.
Les choses avaient le mérite d'être claires. Lâche, veule, flagorneur, fanfaron, rancunier, traître, menteur, un homme a pris le pouvoir pour se venger des grands puis s'est fait leur pauvre marionnette, dur avec les faibles, faible avec les riches, faute de les égaler dans l'argent mal acquis, ou dans la malfaisance enrichissante, il s'est fait leur égal, par le jeu pernicieux du contrat politique dévoyé, il s'est fait une de ces figures chimériques et absurdes qui fait produire sans heurts et se coucher la plèbe. Il s'est fait chef des illusions. Un chef autoritaire, maladroit, colérique, régnant sur ses laquais comme un gamin vicieux sur son armée de jouets.
Il n'est plus temps de rire. La colère pure est nécessaire. Forts de cette certitude et de l'urgence de l'application des conséquences de ce constat, nous décidons d'un unanime accord de cesser la publication de ce journal pour nous consacrer à des activités moins joviales mais plus subversives.
Amitiés à notre ami, informateur, apprenti, jeune espoir, Gary, qu'il sache qu'avant de partir, nous irons tous niquer gravement ces salopes sans âmes qui se vendent à tout, ces mal-nommées Filles du Saloon du triste saloon de Monsieur Nick..
Courage et colère. So long.
29 octobre 2007
Djakarta Lee
Djakarta Lee est voyant, prophète, shaman, rebouteux, comptable et guérisseur. Il dépasse par le talent les plus grands magiciens, sorciers ou prédicateurs de tout le Wild West. Même le célèbre illusionniste Alan Mink ne s'y frotterait pas.
Ses origines sont mystérieuses, personne ne se souvient de l'avoir vu arriver, à croire qu'il était là avant même que la ville ne s'installe. Il n'a pas de maître puisqu'il travaille pour le plus offrant. Il cultive le mystère et les phrases ésotériques. Sa préférée: Quand le sage montre la lune, l'idiot la regarde comme s'il la découvrait.
Ses pouvoirs sont immenses. Il lit dans les entrailles de poulet farci au jus de truffes du continent. Il avait annoncé l'entrée du train en gare de Sarktown, alors que les derniers rails n'étaient pas encore posés! Il a réglé le problème du recyclage des déchets de la ville en permettant aux plus pauvres de camper sur la décharge du Faubourg Nord avant de les boucler dedans. Il sait soigner la grippe par imposition des mains sur le portefeuille du malade. Il ne peut rien par contre, Monsieur Nick le confirme, pour le retour de l'être aimé.
Il vient très souvent au saloon où il sait prédire un avenir radieux aux filles en observant leur minou.
Pour les quelques sceptiques de Sarktown, cet homme est redoutable par le pouvoir qu'on lui accorde. Pour le reste, ce serait une pauvre courge opportuniste et malfaisante. Question de point de vue.
28 octobre 2007
Journal de Radicha
Je ne sais pas où s'arrêtera ma chance. Béni soit le jour où Monsieur Nick a posé la main sur moi, dans le couloir du dernier étage, alors que je cirais sans qu'elle me l'ait même demandé les bottes en peau de crotale de Madame Cécilia. Monsieur Nick aime l'initiative et les gens agenouillés avec un petit chiffon à la main.
Parmi toutes les idées grandioses qu'il a eues depuis qu'il dirige Sarktown, il en est une qui passe inaperçue tant Monsieur Nick est inventif, mais qui est de première importance pour moi: les procès qui se déroulaient auparavant dans le vieux tribunal poussiéreux, à l'autre bout de la ville, sous l'égide de vieux juges barbants, ont maintenant lieu l'après midi dans le grand saloon, aux heures creuses, et la salle est pleine!, et c'est à moi qu'il a confié le soin d'organiser ce grand spectacle démocratique, mené de main de maître par des juges sur lesquels ont peut vraiment compter puisque ce sont de chers et fidèles clients du bordel!
Promis, on ne s'ennuie pas.
Aujourd'hui, par exemple:
Rex, le berger Allemand de Monsieur John Above, ce paysan moustachu, vulgaire et récalcitrant, pour avoir mordu à la patte le cheval du shérif qui avait par distraction déféqué dans sa gamelle, a été reconnu responsable de cet acte de sauvagerie, tondu, puis euthanasié par le feu pour la grande joie des amis des chevaux! Une loi anti-berger Allemand de paysans moustachus est à l'étude ce matin.
Un pensionnaire de l'asile d'aliénés, Phil Candel-Harrow, simple d'esprit longtemps jugé inoffensif, pour avoir montré son organe sexuel à deux jeunes femmes patinant sur le lac gelé, a été reconnu coupable de pédophilie latente et congénitale, estimé responsable de ses actes puis abondamment fouetté en place publique par les frères, cousins et amis des deux jeunes victimes patineuses. Une loi anti-simple-d'esprit-la-bite-à-la-main est à l'étude ce matin.
Vince Pinogardère, vaillant entrepreneur contribuant à l'expansion et la renommée de Sarktown, pour avoir laissé commettre par ses comptables quelques erreurs de trésorerie, renflouées par le trésor municipal, pour avoir laissé commettre par ses contremaîtres quelques erreurs de gestion du personnel ayant entraîné la mort de six ouvriers, pour avoir laissé commettre par ses associés des opérations frauduleuses ayant entraîné son enrichissement involontaire et le licenciement d'une centaine d'ouvriers, pour avoir laissé commettre par les ingénieurs officiant dans ses mines d'or une manipulation ayant provoqué l'empoisonnement à l'arsenic de la réserve d'eau potable des bas quartiers, a été déclaré non coupable et non responsable des actes mentionnés et a magnanimement offert une tournée générale. Une loi permettant de bénéficier d'un crédit d'impôt sur les tournées générales consécutives à un verdict favorable est à l'étude ce matin.
Promis, on ne s'ennuie pas.
24 octobre 2007
Madame Micheline
Madame Micheline est la douairière égarée chez les filles du saloon. Plus âgée donc plus aguerrie, elle a une certaine emprise sur les nouvelles filles. Sans pour autant se prévaloir du titre de mère maquerelle. Car Monsieur Nick se méfie de Madame Micheline comme elle se défie de lui: elle le connaît bien, et il sait qu'elle le voit faire.
Elle sait par exemple à quel point il amuse en ce moment les habitants de Sarktown. Occupés qu'ils sont à commenter la fuite de Madame Cécilia ou les nouvelles lois applicables au niacoués, les gogos ne se rendent pas compte que Monsieur Nick est en train de vendre à grandes charrretées les richesses de Sarktown à ses amis escrocs et notables su salon VIP.
Madame Micheline a un faible pour Mister Holly-Noddle
et pour Monsieur Shootfire, le shériff des niacoués, qui vient se faire fouetter à l'occasion, entre deux rafles.
22 octobre 2007
Un message de Gary
Ça, c'est une photo du nouveau Monsieur Nick, que j'ai prise au péril de ma vie, je vous prie de me croire, Monsieur Nick n'aime pas que circulent des images de lui qu'il n'a pas choisies, ça lui donne des colères et après il abîme ses petites bottes à talonnettes en mettant des coups de pieds partout! C'est sa nouvelle allure, à cause du départ de Mame Cécilia, on lui a dit de faire bonne figure alors il s'est fait faire un costume très remarquable chez Monsieur Pravda, le vieux tailleur russe. C'est lui qui a expliqué à Monsieur Nick que les communistes ils mangeaient leurs enfants en rigolant avec du sang dans la vodka, et depuis ils sont bien copains.
On n'est pas trop surpris au saloon du départ de Mame Cécilia, elle disait à qui voulait surtout pas l'entendre "j'en peux plus de cette pine d'huître" alors que voulez-vous, elle est partie à son heure.
Moi ce que j'aime bien dans son costume c'est ce chapeau avec un bord bien large parce que, comme ils disent au Wild Turkey, il lui pleut pas mal de merdes sur la tête en ce moment, à Monsieur Nick. Mame Cécilia qui se barre, son équipe de cow-boys qui s'est ramassée au championnat de rodéo, tout Sarktown qui se rend copmpte que son copain Bernie est une andouille et que Madame Rosy a plus souvent le feu au cul qu'une bonne idée dans la caboche, ça fait beaucoup. Il y a les conducteurs de diligence, des barbus, des mineurs et quelques niacoués qui se sont permis de venir gueuler devant le saloon et Monsieur Nick n'a pas fait donner la charge, il a fait le tout tranquille mais après il a tout pêté les vases du petit fumoir en criant qu'il allait tous les niquer. Les filles sont très inquiètes, il y a une baisse de la clientèle et une bonne attaque de morpions, ça fait que l'argent rentre moins que prévu. Ha la la, il s'en passe à Sarktown, pas vrai?
A bientôt, je file à l'école du matin! Votre ami, Gary.
15 octobre 2007
journal de Rosy
Houlalalala!!! Catastrophe de catastrophe! Ça avait si bien commencé, avec la mission que m'avait confiée Monsieur Nick rien qu'à moi, m'occuper de l'équipe des Winners de Sarktown pour le grand championnat de rodéo, je vous jure que j'ai bien donné, j' en ai les fesses toutes gercées et j'ai tout tâché mon calicot fushia en pilou.
Et voilà qu'hier tous ces braves garçons se sont écrasés comme un jus de chique sur un tas de sable, et maintenant ce serait ma faute, ah non c'est trop injuste, pile au moment où Madame Cécilia est partie on ne sait où, et puis les barbus de l'école, les niacoués, les mineurs, qui se mettent à traîner en groupes devant le saloon avec un air mauvais, et puis Bernie qui s'est permis de me passer la main au cul alors qu'il y encore peu de temps il me donnait du "Madame Rosy", et Radicha qui nous met le bordel au saloon, alors non ça fait trop moi je dis houlala!
Avec tout ça je ne sais pas où est ce vaurien de Gary et je n'ai rien mangé depuis huit minutes, je trouve la vie moins rigolote, quand même. Je n'ai même pas le temps de t'écrire, cher journal, il y une diligence pleine de Mexicains saouls qui vient de débarquer et ils demandent adonde està la gorda loca?, je pense que c'est pour moi. Y'a des jours, quand même...
Bernie
Le cas de Bernie reste un mystère et un exemple pour tout Sarktown.
Qu'il ait pu devenir un des membres les plus en vue du saloon en a surpris plus d'un. Et fait fuir beaucoup d'autres.
Bernie est entré au saloon par la toute petite porte, la porte de service des cuisines, en tant que commis de la Charcuterie Centrale. Il livrait des jambons et des rouelles de porc. Le luxe entr'aperçu, l'ambiance, la hauteur des pourboires et du lustre dans le hall, les fanfreluches de Rosy, plus souvent aux cuisines qu' ailleurs, marquèrent puissamment ce garçon simple et généreux.
Il a su plaire à Monsieur Nick un soir d'orage, en lui permettant de passer une flaque de boue à gué après s'être couché dedans, et en lui nettoyant les bottes au passage. Dévouement, efficacité, aspect charmant de l'anecdote: Monsieur Nick est conquis. Monsieur Nick est sentimental.
11 octobre 2007
Monsieur Shootfire
Sarktown est prise de frénésie. Ou plutôt, c'est Monsieur Nick qui est comme fou. IL est PARTOUT. Le Wild Turkey dit qu'il a le don d'ambiguité, ou un truc comme ça. Ils disent aussi qu'il a la danse de Saint Guy Mocquet, mais là je ne comprends pas. Je suis trop petit.
Là où Monsieur Nick n'est pas, il y a un homme à lui, et si ça pue bien, cet homme à lui c'est Monsieur Shootfire, le shériff.
Monsieur Shootfire, quand il pose ses beaux yeux bleus sur vous, c'est un peu comme si vous étiez en slip dans le blizzard avec un crotale dans le slip. Les bébés pleurent quand il passe et la mayonnaise tourne.
Il fait un peu le ménage chez les niacoués, en ce moment, mais il pourrait aussi bien faire tout ce qu'on lui demanderait. Tout. Les Indiens disent qu'il est un sorcier perdu, son coeur bat à contretemps du coeur des hommes.
Aucune des filles du saloon ne veut monter avec lui, même pas Madame Christy, qui ne recule pas devant grand chose pourtant, tant elle voudrait plaire au patron. Comme toutes, d'ailleurs, en ce moment c'est le grand concours de carpettes devant Monsieur Nick, surtout qu'on a pas vu Madame Cécilia depuis un bon bout de temps, les filles; ça leur donne des idées.
A tantôt, je file, Madame Rosy est sur les rotules, elle manoeuvre les gars du championnat de rodéo jour et nuit, je dois aller lui acheter un sandwich au saindou et deux dindes.
So long, votre ami Gary.
24 septembre 2007
back home
C'est moi, votre ami Gary. Quand j'étais très petit.
Je suis revenu.
Je suis rentré. Parce que j'étais parti. Je ne sais plus bien pourquoi. D'un coup, Sarktown, tout ce que j'en découvrais, ça m'a collé une grosse envie de partir. J' ai suivi un convoi qui devait s'enfoncer en territoire Indien, des pionniers pas fins mais gentils. Ils ont morflé grave, des flèches et tout, mais ils ont tenu, moi planqué sous le chariot central, chargé de macchabées, et quand ils ont eu fini de s' installer ils se sont faits virer par la Bush Corporation, qui avait signé un traité avec le pseudo-chef rénégat Sitting Céhefditi, un vrai hold-up.
Je rentre, c'est pire. C'est même n' importe quoi. La ville est laissée aux hommes de Monsieur Nick. Le Shériff, Monsieur Shootfire, fait la chasse aux niacoués, pour distraire les pionniers qui commencent à comprendre que ça se passe bizarre, et faire oublier qu'ils ont pillé les finances, et qu'
il y a des rats partout depuis qu'ils ont viré les mexicains qui ramassaient les ordures.
N'importe quoi, je vous dis.
J'étais mieux sous le chariot. Les Indiens sont très beaux, finalement. Le truc, c'est qu'ils se défendent.
Mais maintenant que je suis là, j' ai repris mes activités: école le matin, avec les barbus, ils sont tous déprimés. L'après-midi, je bosse un peu pour les filles du saloon, puis je vais faire mon rapport aux rédacteur du Wild Turkey, en me cachant le plus possible, puis je retourne au saloon ou passer un bon moment chez les niacoués, qui sont tous déprimés aussi.
La façade du Wild Turkey est toute âbimée, il y a des gus qui ont jeté des oeufs, du caca de poule et plein de trucs salissants, d'autres qui ont écrit salots de gochiste avec du goudron, n' empêche qu'il s'en vend de plus en plus, ça fait râler Monsieur Dale, le pasteur qui édite le bulletin paroissial.
Il dit que sa colère à lui est inspirée par Dieu et Monsieur Spinoza, qui est un trappeur très célèbre, et qu'il ne faut pas mordre la main qui vous nourrit et que le Wild Turkey est un repaire du diable nourri par le malin et que oui oui Monsieur Nick est dangereux mais faudrait pas en dire du mal non plus.
N'importe quoi, je vous dis.
En ce moment, ça grogne moins dans la ville parce qu'il y a un grand concours de rodéo et que les gens adorent le rodéo, et qu'on vire des niacoués, et les gens se foutent des niacoués quand il y rodéo, sauf ceux qui adorent EN PLUS qu'on vire des niacoués. Mon avis: Monsieur Nick est un sacré malin.
Par contre au saloon l'ambiance est toute pourrite!
Madame Radicha envoie promener plein de clients, elle est très énervée tout le temps et elle fait peur aux employés du saloon. Elle exige que les clients l'appellent Madame Pompadour, qui est une pute très célèbre en Europe m'ont dit les barbus, et elle les fouette quand ils n'ont rien demandé!
Bon, ça fait beaucoup à dire, les autres filles ont aussi leurs petits soucis, des maladies du métier, des michetons pas piqués des vers, mais je viens juste de rentrer, faut que je m'active, Madame Rosy
a besoin de moi, elle se tape tous les cow-boys du concours de rodéo, plus le responsable des taureaux qui pue comme une vieille peau de bison mal tannée, et ça la met dans un état!
Je vous raconte bientôt. So long, votre ami, Gary.











